Dossier : Les Marseillais jouent de plus en plus au tennis
Publié le jeudi 20 novembre 2008 à 10H11
Après le football, c'est le deuxième sport le plus pratiqué dans la ville
La cité phocéenne sera toujours la ville du football. Derrière l'OM, immense locomotive du sport marseillais, une centaine de clubs rassemblent 17 500 licenciés. Les footballeurs sont ainsi les sportifs les plus nombreux de la ville.
Mais joueuses et joueurs de tennis forment le deuxième contingent. À Marseille comme en France, la FFT est la deuxième fédération sportive. La cité phocéenne compte 10 856 licenciés de tennis, un chiffre qui a augmenté de 25% depuis 10 ans.
C'est un fait, les Marseillais tapent la balle de plus en plus. Ils pratiquent leur sport favori dans 34 clubs et sur 189 courts.
Dans une ville qui affiche un réel manque d'installations sportives, le tennis n'est pas le moins bien loti. "Ça fonctionne, se réjouit l'adjoint aux sports, Richard Miron. Les gens du tennis sont des adultes responsables qui gèrent bien leurs clubs. Ils sont un exemple à suivre.
" Mais tout n'est pas rose dans le monde merveilleux de la petite balle jaune, car 189 courts pour 10 856 licenciés, cela fait, en moyenne, 57 joueurs pour un terrain de tennis, ce qui est bien au-dessus de la moyenne des Bouches-du-Rhône (1 court pour 44 licenciés), elle-même supérieure au chiffre national (1 pour 33 licenciés). Autrement dit, il manque des courts de tennis à Marseille et le nombre croissant de pratiquants n'arrange pas les choses.
Mais cela ne décourage pas les pratiquants, qui profitent du climat provençal pour jouer toute l'année. Sauf les jours de mistral ou de pluie, bien sûr… Ce qui fait apparaître le manque criant de courts couverts à Marseille. On en dénombre que… 4, au TC Phocéen, à Luminy.
"J'ai le projet, à moyen et long terme, de créer plusieurs "halles" de tennis abritant chacune 3 à 4 terrains, reprend Richard Miron.
Par ailleurs, à Marseille, le tennis est pratiqué à 57% par des moins de 18 ans et beaucoup en profitent pour faire de la compétition en individuel ou par équipes. C'est de cet immense réservoir que sont sortis des champions comme Caujolle, Fritz, Forget, Grosjean…
De plus, la cité phocéenne abrite plusieurs tournois de niveau mondial, comme l'Open 13 en février et l'Open Gaz de France, en juin.
Autant d'éléments qui font de la deuxième ville de France, malgré quelques points noirs, une place forte du tennis tricolore.
-------------------------------------------------------------------------------------
250 € PAR AN
Dans la foulée de la victoire de Noah à Roland-Garros, en 1983, le tennis a connu une époque dorée. Cotisations exhorbitantes, listes d'attente... Pour jouer au tennis en ce temps-là, il fallait "se faire pistonner" et payer très cher. Cette période est aujourd'hui révolue. "Il n'y a plus de droit d'entrée," explique Nathalie Benveniste, présidente du prestigieux TCM où la cotisation annuelle est de 500€. Mais à Marseille, le prix moyen est de 250€ par an. Tout dépend en fait des prestations. Le TC Phocéen, avec ses courts couverts en terre battue et sa piscine, propose ainsi un tarif "famille" à 850€. Mais il existe aussi des clubs dont la cotisation ne dépasse pas 90€.
Renseignements : Comité 13 de tennis (04 42 94 24 60), www.cdtennis13.com.
---------------------------------------------------------------------------------------
DANS LES CLUBS
C'est en 1894 que le Tennis Club de Marseille a vu le jour, grâce aux capitaux d'une riche famille grecque. Dans les années 70, le club est devenu propriétaire de ce terrain situé en plein coeur du 8e arrondissement. Club privé, le TCM possède aujourd'hui le troisième effectif de licenciés à Marseille. "Notre budget est de 350000€, explique la présidente, Nathalie Benveniste. Mais on ne roule pas sur l'or. C'est dur car on ne peut pas trop augmenter les cotisations." Des cotisations qui permettent quand même de conserver toute l'année des courts impeccables, dont six en terre battue.
À l'autre bout de la ville, la réalité est tout autre. Au CUM Saint-Jérôme, les huit terrains sont fissurés et le secrétaire du club, François Paul, tire la sonnette d'alarme. "Il faudra refaire les grillages, il n'y a plus d'éclairage. Nos courts ont été faits il y a trente ans mais n'ont jamais été rénovés. L'herbe pousse sur nos courts en dur et pourtant, nous ne sommes pas Wimbledon, s'amuse-t-il. Il faudrait 100 000€ pour refaire les courts à neuf.
Le tennis marseillais, à l'image de la ville, est fait de réalités très différentes. Au Cercle Sportif Marseille Tennis (les anciens "municipaux"), premier club de Marseille et de la Ligue de Provence, Michel Berenguier affiche un optimisme prudent. Depuis 10 ans, les sept courts sont coincés entre l'Huveaune et le virage Sud du Stade Vélodrome. "Nous sommes bien situés, à proximité du métro, des grands axes et avec un grand parking, explique le président d'un club riche de 1 274 joueurs. Mais notre club house est toujours dans des préfabriqués, même si nous venons d'en recevoir un tout neuf...
"Le problème est qu'un grand club, aujourd'hui, se gère comme une entreprise,conclut Bernard Lusinchi, le président du TC Phocéen.Il faut gérer 8 salariés, payer l'Urssaf, régler beaucoup de problèmes... Et moi, le matin, à 8h, je suis dans mon agence d'assurance pour gagner ma vie. Pas au club."
Par Nicolas Goyet ( ngoyet@laprovence-presse.fr )




