Saint-Honorat, le petit paradis des moines
Publié le mercredi 19 novembre 2008 à 10H44
Elle est, avec Sainte-Marguerite, l'une des deux îles de Lérins situées dans la rade de Cannes
Eden gorgé de soleil, joyau de verdure fleurant bon l'eucalyptus, havre de fraîcheur et oasis de silence! Le tableau peut paraître trop beau. Mais, il est si vrai!
L'île Saint-Honorat, qui s'épanouit dans les eaux turquoises de la rade cannoise aux côtés de sa grande soeur Sainte-Marguerite, révèle sans ambages ce décor que l'on qualifie légitimement de "carte postale". Le tout noyé dans une ambiance invitant à un voyage où le temps aurait pu s'arrêter! Car si les (superbes) voiliers et mini-yachts mouillant sur ses côtes rappellent que nous sommes bien au 21e siècle, la rencontre d'un des moines (22 vivent actuellement sur l'île) de l'Abbaye de Lérins au détour d'une allée, entretient la confusion. Tant par leur tenue ancestrale. Que par cet air paisible qu'ils arborent et perpétuent depuis 16e siècles.
Brillante communauté attirant des moines érudits (Honorat, Caprais…), Lérins -son nom d'alors-succombe ensuite aux incursions sarrasines. Pour mieux renaître à la fin du Xe siècle dans l'ordre bénédictin. Et in fine -vers 1870 et après plein de vicissitudes- être reprise par la congrégation cistercienne. Toujours propriétaire et administratrice de ce site enchanteur, dont on tombe naturellement sous le charme dès l'approche en bateau (20 mn de traversée depuis Cannes). Au-delà des paysages, de la végétation riche en essences méditerranéennes et des criques qui se dévoilent le long du chemin de ronde (3 km environ) protégé par les pins parasols, votre curiosité sera légitimement aiguisée par les différents monuments disséminés sur les 40ha immergés des flots.
Il y a d'abord le monastère (dont les bâtiments sont occupés par les moines) avec son cloître médiéval datant de la fin du 16e siècle et l'église abbatiale (accessible pour sa part au public).
Il y a ensuite, les sept chapelles plus ou moins bien conservées réparties aux quatre coins de l'île et les deux fours à rougir les boulets construits aux 18e et 19 e siècles et dont les tirs incendiaient les voilures et ponts en bois mettant hors de combat les vaisseaux des assaillants.
Il y a enfin -et surtout- le monastère fortifié, niché sur la presqu'île de la côte sud. Construit entre les 11e et 14e siècles, il a subi mille et un aménagements et restaurations au cours de son histoire, tout en ayant de cesse protégé les moines contre les raids des pirates. Apprivoiser ses escaliers demande de petits efforts. Richement payés par le panorama depuis la plate-forme, garnie de créneaux et mâchicoulis du 15e, située au sommet du vieux donjon: les îles, la baie de Cannes, la côte -de l'Esterel jusqu'au cap d'Antibes- et la chaîne alpine (enneigée actuellement) en toile de fond.
Par Sandra Basso ( sbasso@laprovence-presse.fr )




