Les militants "catastrophés par ce qui se passe"
Publié le mardi 18 novembre 2008 à 08H02
Témoignages de militants socialistes
Faute de rassemblement au sein de leur parti, les militants sont partagés entre déception et écoeurement.
Photo PQR
Les moins virulents parlent de "déception". Les plus remontés osent le mot "écoeurement". Un sentiment général d'amertume pourrait tous les mettre d'accord. Au lendemain du congrès de Reims, les langues se délient chez les militants socialistes. Marc était du voyage rémois. Et comme beaucoup, il a mal vécu sur place cette "absence de rassemblement", cet "impossible dialogue", dont on ne peut que constater les dégâts.
Partisan déclaré de Benoît Hamon, il dit avoir eu la consolation de voir son candidat favori "gagner une bataille idéologique". Une bataille à marquer, selon lui, dans les annales du parti. "Il n'a pas changé le cap qu'il s'était fixé, estime ce jeune militant de 25 ans entré au parti socialiste en 2004. Il est cohérent avec ses engagements et a acquis une certaine légitimité."
Ancien responsable commercial à La Poste, Gérard avoue y "avoir cru jusqu'au bout". Vieux routier du syndicalisme, adhérent au PS depuis 2004, ce supporter de Ségolène Royal dit toujours avoir voulu "aller de l'avant...Mais quand on entend, pendant un congrès, sa candidate se faire huer et siffler par la foule, ça fait très mal, confie-t-il. Elle a quand même représenté 17 millions de personnes à la présidentielle et j'espère toujours la voir arriver en tête jeudi prochain, au moment du vote des militants."
Encarté au PS depuis le début des années 80, Jacky affirme en avoir vu de toutes les couleurs dans sa vie militante. Et là, il avoue que le contexte était un peu particulier. "On ne peut être que catastrophé par ce qui s'est passé,commente Jacky. On se retrouve aujourd'hui dans le creux de la vague !"
On sent chez les uns et les autres, nouveaux venus au PS ou plus anciens, le besoin de se confier. De parler à visage découvert. Et d'expurger une colère longtemps contenue. "Tout ce qui se passe au sein du parti n'est vraiment pas glorieux, estime Marthe, entrée au Parti socialiste dans les années 70. La réaction de Bertrand Delanoë est une réaction d'orgueil. C'est aussi la réaction d'un Parisien, coupé de la réalité de la province. Il aurait fallu lui rappeler que Paris n'est pas la France."
Ph.F.









