Rugby : Boudjellal attend autre chose encore

Publié le lundi 17 novembre 2008 à 09H31

Le président de Toulon ne s'attarde pas sur Toulouse. Place à Biarritz

Mourad Boudjellal préfère porter un jugement sur son effectif après le match face au BO, samedi, à Mayol.

Photo Nicolas Vallauri

Cela doit venir de la bande-dessinée, l'univers où il a bâti sa réputation d'homme d'affaires. Le directeur des Éditions Soleil et président du RC Toulonnais, Mourad Boudjellal, a souvent un discours imagé, truffé de formules qui claqueraient bien dans un scénar' de comics. Il avait ainsi une bonne raison de ne pas faire le déplacement à Toulouse samedi. "J'ai décidé de faire grève! Mon équipe l'a faite à Montauban (42-20). C'est moi cette fois-ci", avait-il malicieusement annoncé, la veille au soir, pas peu fier de son tour de passe-passe dialectique. Le lendemain, ses joueurs ont repris le boulot à Ernest-Wallon et cela a failli leur rapporter gros (19-18). Devant sa télé, Boudjellal a-t-il apprécié ? On ne le saura pas. Joint le soir-même, le dirigeant toulonnais n'a pas souhaité s'exprimer. Un peu plus tôt dans l'après-midi, le RCT avait été à deux doigts - deux minutes - de l'emporter dans la propriété du leader, mais lui ne voulait "pas faire le moindre commentaire sur ce match." Un mutisme justifié par ce désir d'"attendre la prochaine rencontre face à Biarritz pour porter un jugement" sur son effectif.

En somme, le président Boudjellal adopte la posture du wait and see. Une position de circonstance quand on se réfère à l'inconstance d'une formation varoise capable de battre le vice-champion de France Clermont (22-16) et de se montrer digne de la première moitié de tableau en résistant au Stade Français (13-19), mais calamiteuse également au point d'avoir été la seule à être battue par la lanterne rouge Mont-de-Marsan (25-18), de s'incliner à Mayol devant Castres, un rival pour le maintien (17-21), et de sombrer ensuite à Montauban. Mourad Boudjellal nous ferait donc la version du président échaudé après avoir pris autant de douches froides.

C'est sans doute, aussi, un dirigeant-mécène passablement agacé. La sortie aux Sept-Deniers, samedi, a montré que le RCT n'était pas à sa place dans la zone de relégation et qu'il pouvait naturellement aspirer à un tout autre destin dans ce Top 14 si les joueurs voulaient bien s'en donner la peine. Le constat a de quoi irriter Boudjellal qui pourrait se demander si son groupe a vraiment tout fait pour ne pas se retrouver en si inconfortable situation.

Comment expliquer, en tout cas, qu'une même équipe puisse être aussi lamentable un coup et autant performante un autre ? De plus, comment peut-on être l'égal, ou presque, des meilleurs sur un match et ne pas l'être avec des adversaires nettement plus accessibles ? Pour un peu, on dirait que les Toulonnais prendraient un soin tout particulier à "choisir" leurs matches (le supposé renoncement à Montauban serait ainsi une réaction au limogeage de Crenca).

Mais on préfère encore croire à un malentendu et pour le balayer, la formation varoise ne pourra pas trouver mieux que de dominer Biarritz, samedi, à Mayol, dans une rencontre déjà déterminante. Boudjellal n'attend rien d'autre.

Par Laurent Blanchard ( lblanchard@laprovence-presse.fr ) imprimer recommander Facebook Digg!

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