De Lurs à Ganagobie une frontière naturelle
Publié le mercredi 12 novembre 2008 à 10H08
Elle constitue un petit tronçon du GR 653 D, nouvellement mis en place, entre deux lieux de spiritualité
D'une part, Lurs. Un agglomérat de maisons de pierres tournées vers le soleil, constituant un joyau mordoré sur un socle de verdure. Cette petite cité des évêques aurait été fondée par Charlemagne au début du IXe siècle et aurait longtemps servi de résidence d'été aux dignitaires de l'Église venus de Sisteron. En face, Ganagobie. Un plateau penché sur lequel s'est posé, depuis plus de 1000 ans, un monastère où vit toujours une quinzaine de moines bénédictins. Plus au nord de la bâtisse, se dessine l'ancien village autrefois protégé d'une muraille barrant le plateau.
C'est par un GR, le 653 D, que l'on peut désormais rejoindre ces deux lieux de sérénité. Un parcours familial de 7,5 km sans grande difficulté majeure (peut-être juste une montée de 300 mètres de dénivelé) qui nécessite les recommandations d'usage: des chaussures de marche et de l'eau.
Ce sentier balisé de rouge et de blanc s'inscrit dans un tracé beaucoup plus long, initié en 1998 et achevé il y a peu avec le secours de l'association Paca des Amis de Saint-Jacques, qui parcourt l'Europe de l'Espagne à l'Italie: le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et de Rome.
Depuis Lurs, donc, la balade emprunte le chemin des évêques, une allée verdoyante bordée de quinze oratoires jusqu'à la chapelle Notre-Dame de vie. Là, le site révèle sa singularité: une crête de calcaire qui fend le paysage en deux. D'un côté, le pays de Forcalquier et sa nature isolée mais docile. De l'autre, la Durance qui brille, surmontée du plateau de Valensole et, plus au nord, des monts enneigés. Entre Alpes et Provence, douceur de vivre et rudesse de l'hiver, senteurs provençales et souffle montagnard. C'est ici que le département des Alpes-de-Haute-Provence découvre toute sa dualité.
Le chemin se poursuit alors sous les bocages: chênes verts pubescents, cades, pistachiers… (derniers témoignages de Provence). Avant de s'engouffrer dans un vallon jusqu'à un pont romain puis de remonter vers la montagne coupée de Ganagobie. Une petite ascension qui constitue l'unique difficulté de la marche.
Au retour, l'on empruntera le même chemin ou, au niveau du pont romain, l'on préférera suivre une piste plate qui file au pied de Lurs agrippé à son rocher.
Par Annabelle Kempff ( akempff@laprovence-presse.fr )









