Rue de la République : à vendre
Publié le vendredi 17 octobre 2008 à 11H03
Atemi est vendeur du tiers du patrimoine, acquis au printemps, à des bailleurs sociaux
Atemi a racheté à Lonestar 766 appartements à rénover ainsi que 30 000 m2 de commerces vides à louer. Le nouveau propriétaire ne devrait pas poursuivre sur la totalité de la rue le positionnement haut de gamme entamé par son prédécesseur .
Photo Nicolas Vallauri
- En savoir plus
- Article : Vu sur LCM : Teissier optimiste pour l'avenir de la rue de la République
- Article : Crise financière : "aucune difficulté n'est signalée"
La faillite de la banque américaine Lehman Brothers serait-elle l'arbre qui cache la forêt ? Car si Lonestar a bien vendu la grosse majorité de son patrimoine de la rue de la République à Lehman Brothers Real Estate Partners, il ne s'agit que d'un fonds d'investissement, adossé de façon minoritaire à la banque qui vient de se crasher à Wall street. En clair, Lehman ne détiendrait qu'environ 15% du fonds, les autres investisseurs se fédérant autour de la prestigieuse banque d'affaires. "L'asset manager, le gestionnaire, s'appelle Atemi, éclaire un cadre de Lonestar. Les autres investisseurs tiennent la route. Maintenant, le sponsor du fonds n'étant plus là... ça ne doit pas aider, dans un contexte où le taux d'écoulement des appartements est ralenti..."
Au début du mois d'octobre, "Un centre ville pour tous", qui a soutenu les locataires touchés par la réhabilitation, tirait la sonnette d'alarme. Sans avoir de réelle certitude, l'association demandait à Atemi de sortir de son silence pour s'expliquer "sur les conséquences de la faillite de Lehman". Un doute jamais levé. Officiellement, tous les projets d'Atemi sont "maintenus", le gestionnaire mettant même en avant le lancement de la Villa des Dames, 48 appartements neufs sur le boulevard du même nom.
Une rumeur persistante donne cependant Atemi vendeur d'une partie de son patrimoine, dans un contexte tendu sur le marché de l'immobilier et de son financement. Rumeur confirmée par Maât, cabinet de conseil sur le logement social, missionné par Atemi depuis cet été, donc avant la crise aiguë. "Dans la conjoncture actuelle, il n'y a guère que les bailleurs sociaux qui peuvent acheter, commente-t-on au cabinet. Nous avons sollicité ces institutions dans la France entière pour trouver des acheteurs fermes. Évidemment, les choses se sont précipitées avec la crise..." Sur les quelque 700appartements cédés par Lonestar, dans lesquels tout reste à faire, 120 à 200 unités seraient à la vente. Sollicité, parmi d'autres, ICF Sud est, déjà propriétaire de 19 appartements sur la rue, s'est montré vivement intéressé. Tout comme l'Opac Sud, "très chaud", comme le confie le cabinet Maât.
De son côté, l'office lié au Conseil général, écarté lors du tour de table de 2005, "ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet actuellement". Il faut dire que ce sujet est plus que délicat. Henri Loisel, directeur général adjoint des services de la mairie, affirmait hier à l'AFP "veiller au grain". Il imposerait, le cas échéant, ses "conditions" en cas de revente. En filigrane, le repositionnement de l'artère hausmannienne dans le moyen/haut de gamme. Mais Henri Loisel n'est pas le seul à voir cette nouvelle affectation d'une partie de la rue au social d'un mauvais oeil.
Lonestar, qui a conservé en propre l'îlot 30, face à la mer, compte en faire du très haut de gamme. "S'ils bousillent le programme, ça ne nous laisse pas indifférents, laisse-t-on entendre chez l'ancien propriétaire. Pour nous ce serait un drame." Au cabinet Maât, on se veut rassurant: "l'idée, c'est de faire de la vraie mixité sociale: du social pur et du locatif abordable, ce qui marche dans d'autres centres-villes, comme Lyon ou Paris".







