Marseille : 74 ans et deux coeurs qui battent

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Publié le mercredi 15 octobre 2008 à 09H33

Au bloc de chirurgie cardiaque de La Timone, où un coeur artificiel a été posé à un septuagénaire

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Après l'intervention, Louis Marin commence une nouvelle vie.

Photo Franck Pennant

Les miracles existent. En dix ans, 60, très exactement, se sont produits sous la lumière froide des scialytiques du bloc de chirurgie cardiaque de La Timone. Soixante coeurs à bout de souffle qui ont ressuscité grâce à la pose d'un "Novacor", et désormais d'un "Heart Mate", le modèle dernier cri des coeurs artificiels. C'est l'une de ces opérations de la dernière chance que le Pr Frédéric Collart nous a invités à suivre.

Une intervention à haut risque, entreprise sur un homme de 74ans souffrant d'une cardiopathie dilatée (son coeur s'est distendu au fil des ans). "À son stade d'insuffisance cardiaque, il n'en a plus que pour 2 ou 3 mois. Et vu son âge, il n'a aucune chance de se voir attribuer un coeur à greffer". Anesthésistes, chirurgiens, personnel de bloc: ce matin-là, 9personnes sont de cordée pour cette expédition au fond de la cage thoracique.

Enveloppé dans des champs stériles, placé sous respirateur, le patient gît au centre de la pièce. "Il est si profondément endormi qu'il ne peut plus respirer tout seul", explique l'anesthésiste. Sa poitrine, fracturée à la scie électrique, est maintenue béante par un écarteur. Méticuleusement, le chirurgien "décolle" au bistouri le muscle qui palpite entre les poumons. Puis il place la canule dans l'aorte pour installer la circulation extracorporelle. Dérivé à l'extérieur de l'organisme, le sang transite dans une machine qui, pendant toute la durée de l'intervention, va prendre le relais du coeur.

"Cardioplégie !"
annonce le chirurgien. Le percussionniste injecte dans l'aorte une solution de potassium pour provoquer un arrêt cardiaque. Sous la main du praticien, le coeur ralentit doucement, jusqu'à l'inertie totale. Le moniteur de contrôle confirme: rythme cardiaque: zéro. Pendant près de deux heures, le patient va rester plongé dans les limbes, son coeur et ses poumons à l'arrêt, sa vie ne tenant qu'à des tuyaux reliés à des machines…

Il est temps, alors, de commencer le travail de… plomberie: installer dans l'organisme le coeur artificiel: "Une mini-turbine bourrée d'électronique qui va se substituer au ventricule gauche", explique le Pr Collart, qui prend son souffle avant d'exécuter "le geste déplaisant dans cette opération". Muni d'une grosse flèche en acier, il perfore le coeur d'un coup sec pour y positionner la pompe.

 Puis il transperce l'abdomen, afin d'y placer, à gauche la turbine, à droite un câble gros comme un petit doigt, qui sortira du corps pour permettre de recharger le dispositif. Suivra, moins violente, mais tout aussi impressionnante, la démonstration de couture. "Collart, c'est Christian Dior!", disent ses assistants, admiratifs devant ce hauban de fils en tycron que le chirurgien tisse à toute allure sur le ventricule. Il lui faudra près de deux heures encore pour amorcer la pompe, stabiliser le rythme cardiaque, rétablir la circulation sanguine.

Après plusieurs jours de réanimation et plusieurs semaines de rétablissement à l'hôpital, le patient pourra reprendre une existence quasiment normale. Comme 500personnes dans le monde qui vivent grâce à un coeur artificiel.

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Par Sophie Manelli ( smanelli@laprovence-presse.fr ) imprimer recommander Facebook Digg!

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jolechinois

03/12/2008 à 18h06

Moi, je trouverais normal qu'un docteur comme M.Collart touche 200000 euros par mois ! Il sauve des vies et fait avancer la médecine. Par rapport à des footballeurs qui touchent sans doute 50 fois plus que lui, et qui ne sont même pas foutus de signer un autographe à un enfant malade...

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