Les Français réticents aux vaccins
Publié le mardi 14 octobre 2008 à 14H49
Alors que 9 millions de personnes bénéficient à partir d'aujourd'hui d'une vaccination gratuite contre la grippe
La diphtérie responsable de 50 à 100 décès par millions d'habitants après la Seconde Guerre mondiale en France, disparue. La mortalité chez les plus de 65ans suite à une grippe réduite de 68% à 31%. Le nombre d'infections dues à l'Haemophilus Influenza en chute libre... Est-il besoin de rappeler l'efficacité de la vaccination? Pourtant, la France est l'un des pays d'Europe où l'on se montre le plus réticent. Selon une étude Leem ( groupement des laboratoires en France), 16% seulement des Français ont conscience du rôle préventif des vaccins. 12% ont une image négative et parmi eux 5% y sont carrément opposés. La polémique entourant d'éventuels effets secondaires du vaccin contre l'hépatite B est sans doute pour beaucoup dans cette perception. Pourtant, aucun lien de cause à effet n'a été formellement établi, même s'il existe certaines suspicions.
On estime que plus de 30 millions de personnes ont été vaccinées en France et il y a, à ce jour, 1414notifications de soupçons dont 1139portent sur des cas de sclérose en plaques. Pour les spécialistes, aucun doute: il y a bien plus de bénéfices à se faire vacciner qu'à s'abstenir. "Dans la région Paca, nous sommes particulièrement en retard alors que l'hépatite B est une maladie bien plus contagieuse que le sida", s'alarme le Pr Didier Raoult, directeur du laboratoire de bactério-virologie de l'hôpital de la Timone à Marseille. Si les Français se montrent aussi circonspects, c'est probablement aussi parce que les médecins ne sont pas tous très vigilants sur la couverture vaccinale de leurs patients. 13% seulement suivraient parfaitement les recommandations des autorités sanitaires. Ils sont 62% en Grande-Bretagne. C'est enfin "parce que le calendrier des vaccinations est difficile à tenir, ajoute le Pr Raoult.Bien des parents estiment que cela fait beaucoup d'injections pour leurs enfants". Curieux paradoxe que celui qui consiste à espérer l'arrivée de nouveaux vaccins curatifs ou thérapeutiques puis à les négliger ou les rejeter. Comme chaque année, une grande campagne en faveur de la vaccination aura lieu au printemps. Mais alors que le vaccin contre la grippe est disponible (la campagne de vaccination débute aujourd'hui), les autorités sanitaires s'efforcent de rappeler son utilité. Celle aussi de l'ensemble des vaccins et de leur rôle protecteur alors que les dépenses de santé pèsent de plus en plus lourd.
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Par Dominique Arnoult ( darnoult@laprovence-presse.fr )



