À Gréoux, plongée dans un grand bain apaisant
Publié le jeudi 9 octobre 2008 à 10H26
PROVENÇAL / Le village perché au-dessus du Verdon a bien des atouts au-delà de ses fameux Thermes
Une fois garé dans les nombreux parkings gratuits, on déambulera volontiers à pied dans le vieux Gréoux, comme ici devant sa seule église.
Photos Éric Camoin
Bien sûr, de Gréoux, on retient "les Bains" qui suivent. Ses propres habitants, les Griseliens, renvoient à des origines celtes où le mot gresen évoquait, déjà, l'eau et la maladie. Ses Thermes troglodytes remontent au 1er siècle. Ilsne sont plus visibles car l'établissement moderne des années 60 a été construit dessus. Mais cette activité reste le premier moteur de l'économie locale. Cette commune alpine, qui s'élève à 367m au-dessus du Verdon, bénéficie d'un micro-climat d'influence méditerranéenne qui profite à ses 2300 habitants. Une population multipliée par cinq l'été, les Bains recevant près de 40000 curistes par an.
C'est donc en cette saison qu'on appréciera encore mieux les charmes d'un village, qui a su conserver un coeur authentique, et offre trois parcs et sept fontaines contribuant au sentiment de bien-être et de fraîcheur. Dans le sillage d'une guide comme Sabine Pèbre, on prend plaisir à parcourir cette station vantée par la princesse Pauline Borghèse, la soeur de Napoléon. On commence devant sa seule et unique église, du XIIe siècle, de style roman, remontée gothique au XIVe , avec un clocher de 1821 édifié avec les pierres de l'ancien rempart, et un campanile en fer forgé. Elle a pour nom Notre-Dame des Ormeaux, référence probable à l'ordre des Templiers dont l'orme était l'arbre symbole.
On plonge ensuite dans un dédale de ruelles ornées de vasques suspendues joliment fleuries. Rue des remparts, là où en subsiste un petit bout, on s'arrête devant le blason -un loup sur fond argent et un écureuil sur fond azur-, deux prédateurs d'antan. Vient alors la montée aménagée jusqu'aux ruines du château dit "des Templiers", bordée d'oliviers, micocouliers et figuiers. C'est d'abord le quartier du Castelet, où vivaient les hommes de confiance du seigneur, jalonné d'andrones, ces passages étroits. On accède au plateau du château par le chemin des hospitaliers. En ruines, endommagé par le temps et ses propriétaires successifs, l'édifice à vocation défensive du XIIe (remanié jusqu'au XIVe) est en cours de réhabilitation autour d'un projet culturel ambitieux.
Retour vers le présent en passant sous la porte du Vieil horloge, plus beau témoignage du XIIIe, et la rue Esquiche Coude, large de… 47cm!
Par Patrick Merle ( pmerle@laprovence-presse.fr )





