Forum des entrepreneurs : "La semaine des 4 jours c'est les 35h de l'élève" selon Luc Ferry
Publié le samedi 6 septembre 2008 à 10H45
L'ancien ministre de l'Education a participé, hier, au Forum des entrepreneurs à Marseille
Le philosophe, ancien ministre de la Jeunesse et de l'Éducation et de la Recherche, était l'invité du 8e Forum des entrepreneurs, organisé à Marseille par l'UPE 13.
Photo Jérôme Liegeois
La 8e édition du Forum des entrepreneurs, organisé e hier à Marseille par l'union patronale des Bouches-du-Rhône autour du thème "Travailleuses-travailleurs unissons-nous", comptaient parmi ses invités Luc Ferry. L'ancien ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche, par ailleurs philosophe, membre du Conseil économique et social et président du Conseil d'analyse de la société, a livré au cours de ses interventions son point de vue sur "la valeur du travail d'aujourd'hui". Et répondu aux questions de La Provence.
- La Provence : Que faites-vous comme travail aujourd'hui ?
Luc Ferry : J'ai la chance de vivre de mes livres et de leur traduction dans une trentaine de pays. J'ai choisi ce métier parce que c'est celui que je préfère et parce que je n'ai pas de patron. C'est un rêve et un bonheur pour moi. Je dois avouer que les fois où j'ai été ministre, j'ai eu un patron et ça ne s'est pas très bien passé pour moi.
- Nicolas Sarkozy insiste sur la nécessité de réhabiliter la valeur travail. Qu'en pensez-vous ?
Il faut être honnête. Il ne sert à rien de stigmatiser ceux qui ne veulent pas travailler ou qui rechignent à le faire, comme ceux qui sont partisans d'une baisse du temps de travail, si dans le même temps on ne parle pas des métiers qui ont du sens et de ceux qui en ont moins. Il y a des métiers fatigants et répétitifs dans lesquels il n'y a guère de chance de s'épanouir. Il faut s'en soucier. La question du sens qu'on donne au travail, au métier, est pour moi bien plus importante que la formule "travailler plus pour gagner plus". Le sens me paraît être un moteur bien plus puissant que l'argent.
- L'École a-t-elle les moyens de redonner le goût du travail ?
Ces dernières années, le travail est devenu l'ennemi. Et je constate que cela ne va pas s'arranger puisqu'on va réduire le temps de travail des élèves au primaire. Ce n'est pas une bonne chose. Avec la semaine de 4 jours, on en arrive aux 35heures de l'élève. C'est absurde sur le plan du rythme et idiot. Qui peut croire qu'on peut apprendre autant ou plus, avec moins de tempsd'enseignement? Alors on évoque des cours de soutien. Mais l'expérience montre qu'il est très difficile de réparer l'échec des 15% de jeunes qui arrivent au collège en ayant d'importantes difficultés. C'est dès le cours préparatoire (CP) qu'il faut agir, et de façon continue. Non, cette réforme ne va pas redonner le goût du travail.








