Après le coup de pompe, enfin une baisse du prix des carburants ?
Publié le jeudi 4 septembre 2008 à 09H08
Appréciation du dollar, moindre consommation, les cours du pétrole refluent
Le cours du pétrole baisse, le prix à la pompe fait de la résistance
© Archives L.P.
Les cours du baril de pétrole (159 litres) sont à la baisse. Une tendance perceptible depuis le milieu du mois de juillet, après l'atteinte du prix record de 147,50 dollars. Un pic historique enregistré le 11juillet, qui de toute évidence a marqué les esprits et frappé au porte-monnaie les vacanciers américains et européens. Au premier rang desquels les automobilistes français qui, durant cette période, ont en moyenne payé 1,48 euro le litre d'essence et 1,43 euro celui de gazole.
Depuis, aux États-Unis comme en Europe, les signes d'un ralentissement de la consommation se sont succédé. Atténuant la demande en produits pétroliers et faisant s'éloigner le spectre d'un bond des cours du brut au-delà des 150 dollars le baril. En moins de sept semaines, l'or noir a en effet perdu 40 dollars. Laissant espérer un reflux jusqu'à la barre des 100 dollars que l'ouragan Gustav, mué en tempête, n'est finalement pas parvenu à contrarier.
Les professionnels du transport routier, comme les pêcheurs et les agriculteurs qui avaient réclamé et obtenu du gouvernement des mesures de soutien, ne s'en plaindront pas. Pas plus que les automobilistes, pour qui les dépenses en carburants sont devenues un facteur de réduction du pouvoir d'achat. Par ailleurs, un reflux des cours pétroliers ne pourra qu'alléger les factures de gaz, puisque le prix de ce dernier est indexé sur le cours du baril. Pour autant, la tendance reste fragile.
L'apaisement constaté début juillet s'est brutalement interrompu fin août, avec les craintes liées à la crise dans le Caucase et la menace de Gustav. Le pire n'ayant pas été au rendez-vous, le cours du brut a repris son reflux. Aidé en cela par la remontée du dollar face à la monnaie unique. Un raffermissement qui, rendant le billet vert plus attractif, a incité les investisseurs à ne plus miser que sur l'or noir et les matières premières. La spéculation, qui depuis un an a nourri la hausse, s'en trouve affaiblie.
À la pompe, où les yeux ne sont rivés que sur le prix, le relâchement constaté ne se traduit pas encore par des baisses substantielles. Tout au plus n'est-il plus rare de trouver à présent du gazole au prix de 1,29 euro le litre et de l'essence au prix de 1,38 euro le litre. Soit le niveau d'avril dernier. Un mieux, certes, mais qui incite à poser une nouvelle fois la question de la rapidité avec laquelle est répercutée la hausse ou la baisse.
L'union française des industries pétrolières (Ufip), porte-parole des compagnies et des distributeurs dans l'Hexagone, explique qu'il faut entre dix et quinze jours pour qu'une tendance, dans un sens ou dans l'autre, soit répercutée dans les stations. Avant de préciser qu'une variation du cours du brut de 10 dollars se traduit finalement par une variation de 5 petits centimes à la pompe. Il n'empêche, le sentiment domine chez les consommateurs que les prix des carburants augmentent plus facilement qu'ils baissent.
Pour les acheteurs de fioul domestique, le reflux du prix du litre au niveau des 90 centimes - il était à 1 € début juillet - a déclenché la reprise des commandes. Peut-on imaginer une baisse durable ? Les analystes, s'ils veulent croire en un baril de pétrole au seuil des 100 dollars, restent prudents. Faute d'une visibilité suffisante.











