Corrida-frustration pour le Juli
Publié le mardi 13 mai 2008 à 05H10
Une oreille pour Mendoza, une pour Perera et quatre mauvais Jandilla
Miguel Angel Perera a d'abord composé avec un Jandilla sans aucune transmission, avant de prendre les choses en main avec plus de temple et de sitio sur le sixième taureau du jour, pas meilleur pour autant.
© Frédéric Speich
Même les plus grands matadors peuvent avoir des jours sans. Ce n'est jamais agréable quand on attend beaucoup d'eux... mais c'est humain.
Hier, à Nîmes, cela n'a cependant pas été le cas du Juli, plutôt en grande forme en ce moment, et fort injustement sifflé après avoir estoqué son deuxième adversaire, 3e Jandilla à avoir quitté le toril de Nîmes. Le Madrilène, sur quatre toros de Jandilla éteints à la muleta, a hérité des deux les plus impossibles.
Au second, malgré huit toques, et El Juli sait pourtant les donner de façon autoritaire, Bayardo, s'il a peut-être froncé le sourcil, n'a pas daigné s'avancer dans la muleta. Affligeant pour ce fer, et désolant pour un maestro qui, du coup, n'a rien donné au public.
En septembre, à Nîmes, pour fêter son 10e anniversaire d'alternative, il affrontera seul six toros. Belle occasion de se rattraper !
Miguel Angel Perera est, quant à lui, tombé sur deux autres écueils. Ses taureaux, répondant cette fois aux sollicitations, l'ont fait avec un degré de transmission très en dessous du niveau de la mer. Ajoutez à cela un public (remplissant pour la 3e fois totalement les arènes), les mains coincées dans des ponchos en plastique pour se protéger de la pluie fine, et incessante... l'ambiance n'était pas vraiment à l'euphorie.
Même Pablo Hermoso de Mendoza, pourtant habitué à faire se dresser les foules, n'a eu qu'un effet limité, en ne coupant "qu'une" oreille. Pourtant les phases qu'il a orchestrées avec ses différents chevaux ont recelé des moments précieux. Et notamment avec cette monture, bai brun, sortie sur les banderilles du 2e taureau, qui s'élancera dans des courses poursuites au fil des planches avec beaucoup de tempérament et d'expression.
En rouge (pour El Juli) et en vert (pour Miguel Angel Perera) - mais les maestros n'avaient sans doute pas fait exprès d'être aux couleurs de l'affiche signée Viallat, aux couleurs de la ville - la clôture aurait pu avoir un tout autre cachet. Après dix corridas, et de grands moments, le ciel s'est pourtant couvert sur Nîmes.
Le temps de cinq taureaux. Mais, histoire de ne pas quitter les arènes trop déçus, Perera a offert quelques éclaircies avec le 6e Jandilla, dans une tauromachie soyeuse et templée.
Par Julie Zaoui ( jzaoui@laprovence-presse.fr )









