El Fundi déjoue "son" Miura
Publié le lundi 12 mai 2008 à 05H15
Un lot décevant, avec deux toros remplacés. Padilla enlève une oreille
En ouverture de corrida, "Hormigon" a été le plus lourd de l'encierro de Miura. 661 kilos qu'El Fundi, fin connaisseur, a su canaliser et faire à sa main.
© Frédéric Speich
S'il ne fallait garder qu'une image de la Miurada d'hier, à Nîmes, ce serait sans doute ce "petit" Fundi, aux prises avec "Hormigon", toro bravo de 661 kg. A l'instar de l'ensemble de l'encierro des frères Antonio et Eduardo Miura, ce n'est pas tant l'émotion mais plutôt la morphologie des toros, massive, qui marqueront les esprits.
Le Fundi, on l'avait vu à Arles, il l'a confirmé depuis dans des arènes espagnoles, est en pleine possession de son art. En plus, il maîtrise les Miura de A à Z. Du coup, il a fait un peu ce qu'il a voulu de cet "Hormigon", près de 10 fois plus gros que lui. Une espèce de jeu du chat et de la souris avec un Fundi malin et très torero. "Hormigon" mettait la tête, Fundi n'a pas laissé passer sa chance, et ponctuera sa faena valeureuse et classique d'une épée d'école.
Le Madrilène sera moins prompt à déceler les assez bonnes manières du Tabernero Orive sorti en remplacement d'un Miura invalide du train arrière après la pique. Le Tabernero a du moteur dans la muleta, Fundi est d'abord pris de cours, puis se reprend bien lorsque le toro baisse de régime. Et coupe une oreille... Avec le 3e, échu à Rafaelillo, brave sur ses deux rencontres avec la cavalerie (mais mal mis en suerte) et très attentif au combat, ce seront les trois taureaux les plus en vue de l'après-midi.
Padilla, qui avait, dès le paseo, fait son effet avec son costume (très) vieux rose et sa (grosse) montera du siècle passé, hérite en premier d'un taureau plutôt faible, arrêté et dangereux de Miura avec lequel il ne trouve pas la faille; puis d'un autre pas plus incisif, mais avec qui il s'engage dans une faena décalée en terme de témérité, mais qui séduit les gradins, qui demandent une oreille et ne s'emballent pas pour le lot de toros.
Rafaelillo a voulu tirer de jolies passes au 6e (second Tabernero Orive remplaçant un nouveau pensionnaire de Zahariche souffrant des postérieures) qui ne demandait pourtant qu'une lidia très efficace jusqu'à l'épée. Un après-midi pluvieux et, somme toute, décevant.





