Nicolas Sarkozy-Carla Bruni : pourquoi ça nous intéresse
Publié le mardi 18 décembre 2007 à 06H43
Deux mois après son divorce, le président de la République s'affiche avec la chanteuse
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Ça ne nous regarde pas."Mais ça nous intéresse! Parce que la liaison entre le Président et la chanteuse Carla Bruni, tout le monde en parle. Même les pseudo-intellos qui font mine d'ignorer ou se disent indifférents. Un vrai raz de marée sur le net, du site de l'Express, le premier à avoir fait des révélations, en passant par ceux qui annoncent un mariage en juin. À vérifier, les bans ne sont pas publiés. Mais la jeune femme de 39 ans à qui l'on prête une précédente idylle avec un homme de pouvoir, à gauche cette fois, a confirmé sa relation avec l'hôte de l'Élysée.
La presse italienne, y compris les journaux les plus sérieux, noircissent leurs colonnes du prochain voyage présidentiel qui mènera Nicolas Sarkozy et sa belle, à Rome via le Vatican. Ça ne nous regarde pas... sauf que cette romance tombe dans le domaine public juste après la salve de critiques suscitée par la visite de Kadhafi, le déploiement des tentes des Enfants de Don Quichotte dans un Paris en fête et les suppliques très aléatoires du Président, implorant le chef rebelle des Farc de libérer Ingrid Betancourt.
Ça ne nous regarde pas... sauf que ce galant rebondissement dans la vie du premier Président de France divorcé depuis deux mois tout juste, est définitivement révélateur d'un jeu habile avec les médias. Nicolas Sarkozy, un samedi après-midi à la parade d'Eurodisney, accompagné de l'ex top-modèle et de son fils de 10 ans, pouvait-il imaginer une seule seconde passer inaperçu? Le constat s'impose, preuves à l'appui. Le chef de l'État est un formidable metteur en scène, un vrai pro de l'événementiel, même si son inspiration ne doit rien à la rupture et lui vient plutôt de ses aînés.
Il y a eu la période Kennedy, avec le petit Louis jouant sous le bureau de la Place Beauvau ou la montée très glamour des marches de l'Élysée, le jour de l'investiture, de la famille recomposée. Puis la séparation avec Cécilia et l'annonce du divorce, comme par hasard, la veille d'un mouvement de grève. Avec l'irruption de Carla Bruni, changement de latitude. Direction le Rocher. Avec une starlette et un voile de paillettes jeté au pays des contes de fées pour redonner un peu de vernis à une présidence à l'épreuve de la dure réalité. Ou pour faire oublier aux Français qu'il faut travailler plus pour gagner plus et acheter quatre paquets de pâtes dans un hard discount plutôt qu'un seul dans une grande surface s'ils veulent augmenter leur pouvoir d'achat.
Nicolas Sarkozy sortira-t-il vainqueur de cette succession de coups de pokers avec les média ? Gardera-t-il l'estime des Français? Si le Président qui a beaucoup promis parvient à tenir ses engagements, tout lui sera pardonné. S'il échoue, on lui rappellerale Fouquet's, le yatch de Bolloré, ses vacances aux États-Unis, son salaire triplé... Bref, un exercice du pouvoir très jet-set. Avec, à ses côtés, une dame de coeur qui, après avoir chanté à l'arbre de Noël de l'Élysée, pourrait s'y installer? Voilà pourquoi son idylle avec Carla Bruni, ça ne nous regarde pas. Mais ça nous intéresse.
Lire dans La Provence d'aujourd'hui, l'analyse d'un sociologue : "Rebondir après les épreuves".






