Le Conseil général dispose-t'il d'une "super-cagnotte" pour Marseille ?
Publié le lundi 5 novembre 2007 à 05H34
Le candidat PS à la mairie disposerait d'un levier redoutable
Le Conseil général, géré par le PS, dispose d'une forte capacité d'emprunt. La droite dénonce pourtant une aide insuffisante apportée aux projets portés par la municipalité Gaudin.
© BRUNO SOUILLARD
La rumeur court depuis des années: le Conseil général des Bouches-du-Rhône a-t-il une cassette remplie de pièces d'or ? Un trésor de guerre dont pourrait se servir le président de l'institution, Jean-Noël Guérini, challenger PS pour les municipales de mars prochain, pour réaliser son programmeestimé par la droite à 2 milliards d'euros, et ainsi faire rêver les Marseillais ?
L'état de santé financier du Département a de quoi effectivement faire pâlir la "pauvre" Ville de Marseille. Cette année, le Conseil général a augmenté de 7,5% son budget qui est de 2 milliards d'euros. Ses investissements font des pas de géants: 350 M en 2006, 450M cette année et probablement 540 l'an prochain... un record en France. Et les 119 communes du département en profitent, puisqu'elles se partagent 103M d'aide directe du Département, une aide qui devrait augmenter de 10% en 2008. Alors, cagnotte ou pas ? "Non, affirme Gilles Nancy, professeur d'économie et de finances à l'Université de la Méditerranée. Parler ainsi est un non-sens, tout budget public étant équilibré".
Même avis du conseiller général de Mazargues Didier Réault, spécialiste des finances à l'UMP: "Le Conseil général n'a pas de cagnotte à proprement parler, mais il est capable de mobiliser beaucoup d'argent"... Une cassette virtuelle en somme. "Le Conseil général a fait le choix d'augmenter de plus de 30% en 3 ans sa fiscalité qui lui rapporte plus de 600M par an, plutôt que de s'endetter" explique M.Réault. Il peut donc emprunter si cela était nécessaire" ajoute l'élu UMP estimant que "ce pourrait être un apport déterminant pour la réalisation d'un programme municipal... la baguette magique d'Harry Potter en quelque sorte!" s'amuse-t-il pour mieux déplorer "qu'en attendant, le Département mégote son aide. S'il avait aidé Marseille depuis le début, notre ville en serait à un tout autre niveau".
Dans l'entourage de M.Guérini, on se dit "surpris et amusé" de la polémique. "Nous avons un des plus gros budgets de France, mais c'est normal puisque nous sommes l'un des départements les plus peuplés, avec 1,8 million d'habitants!" explique le maire PS de St-Rémy-de-Provence, Hervé Chérubini, rapporteur du budget au Conseil général. Gros budget, grosses rentrées fiscales, gros investissements, "tout cela est vrai" mais "la cagnotte, c'est un fantasme!" insiste-t-il.
En revanche pas de doute sur la capacité d'emprunt: "Nos finances sont saines, c'est le résultat de 60 ans de bonne gestion, nous sommes en capacité d'aider toutes les communes et de développer de nouvelles actions, indique M. Chérubini, comme la construction de nouveaux collèges l'an prochain" pour 80 M. "Le Département est bien géré, constate le Pr Nancy, il finance ses dépenses par l'impôt et non avec l'emprunt. Marseille est pauvre car elle ne profite pas fiscalement des richesses des industries du pourtour de l'étang de Berre, à l'inverse du Département. Oui, le Département devrait financer en partie les gros projets marseillais, et la différence serait visible. Il faut des synergies entre la Ville et le Département, mais aussi avec la Région. Cette évidence devrait être une réalité depuis longtemps."








