Les paléontologues passent le Verdon au peigne fin

Publié le mercredi 23 mai 2007 à 05H02

20 ans de recherches pour retrouver la trace de nos ancêtres

L'équipe du musée prospecte parmi les rangs de lavandes, aux confins du plateau de Valensole. Il faut avoir l'oeil particulièrement exercé pour repérer un silex dans le chaos lapidaire des galets de calcite.

L'équipe du musée prospecte parmi les rangs de lavandes, aux confins du plateau de Valensole. Il faut avoir l'oeil particulièrement exercé pour repérer un silex dans le chaos lapidaire des galets de calcite.

© ERIC CAMOIN

Des plants de lavande et des cailloux. Des gros, des petits, des presque ronds, des presque carrés, des "sans forme définie" - la plupart -, des entiers, des brisés, des clairs et des sombres. Dans ce chaos lapidaire, il faut avoir l'oeil exercé pour distinguer un silex d'un galet de calcite; autant chercher une aiguille dans une meule de foin. "Tiens, en voilà un !" lance pourtant Jean Gagnepain, pavé en main.

Nous sommes aux limites du plateau de Valensole, au-dessus de Moustiers-Sainte-Marie où le directeur du Musée de la préhistoire de Quinson a lancé une vaste campagne de fouilles qui doit permettre d'explorer toute la zone du Grand Canyon du Verdon. Un travail inédit à cette échelle. Vingt ans de recherches, au bas mot qui devraient permettre de mieux connaître l'ensemble des "strates" d'occupation de ce territoire exceptionnel, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours.

L'exploration est réalisée par l'équipe du musée cinq personnes au total aujourd'hui. "Nous ramassons aussi les pierres non taillées afin d'avoir une information précise sur le matériel dont disposaient nos lointains ancêtres", explique Gagnepain en notant soigneusement les coordonnées GPS du lieu où il a trouvé le la pierre. Mais nous avons aussi déjà découvert des silex taillés ainsi que cinq nucléus, c'est-à-dire des restes de pierres qui ont servi au débitage. On peut remarquer qu'ils ont tous été éclatés selon la même méthode, ce qui prouve qu'il y avait certainement là un habitat préhistorique à proximité".

Rien d'étonnant lorsque l'on voit des peupliers qui attestent de la présence de l'eau et donc d'une source. "Tous ces indices sont intéressants, indique le paléontologue, ils nous permettent d'orienter plus précisément nos recherches. Lesquelles ne se limitent pas à la préhistoire car nous relevons tout ce qui témoigne de la présence de l'homme. "Ainsi nous avons retrouvé des traces d'occupation romaine. Des fragments de tuiles et des tessons de dolium (des sortes de jarres). Il y a ici une occupation continue depuis 400 000 ans. Et aujourd'hui encore on y retrouve une ferme moderne !"

L'exploration reprend parmi les lavandes. Chacun son rang à inspecter la terre, tête baissée. Un travail de patience dans l'attente d'une pièce maîtresse qui permettra de compléter le puzzle des connaissances préhistoriques… et historiques. Après les confins du plateau de Valensole, ce seront les hauteurs de Moustiers, puis les gorges proprement dites, rive droite jusqu'à Castellane, puis rive gauche. Pour tenter de lever un coin de voile sur le mystère de nos origines.

Par André-Denis Mousset ( amousset@laprovence-presse.fr ) imprimer recommander

Postez une contribution







Postez

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d’utilisation du site de La Provence. A défaut, votre compte sera banni du site.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © laprovence.com